Alphyn Zeff - De fil en aiguille.

Textes et récits divers au sujet des personnages qui font vivre l'unité de la Grisegarde.
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Alphyn Zeff
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Alphyn Zeff - De fil en aiguille.

Message par Alphyn Zeff » lun. janv. 14, 2019 11:12 am

"Monsieur Zeff. Cela fait déjà plusieurs fois que nous vous convoquons au sujet de votre fils. Et les raisons restent les même. Nous voulons bien nous montrer magnanime et accorder une dernière chance à Alphyn, mais nous souhaitons également que vous fassiez votre part du travail. Son comportement est inacceptable. Dois-je vous rappeler que nous sommes dans une école, monsieur Zeff, et que dans un tel établissement, la violence et les menaces ne sont pas autorisé. Alphyn a, -encore une fois-, dépassé les bornes, en maltraitant ses camarades de classes. Je peux comprendre que vos circonstances... personnelles aient put joué sur son éducations. Néanmoins, toute choses a ses limites, et la notre est atteinte. Je vais aller droit au but, monsieur Zeff : Soit vous fixer l'attitude du jeune Alphyn, soit nous serons dans l'obligation de l'exclure définitivement de notre établissement."

Le professeur relève sa paire de lunette, avant de reprendre ses documents posés sur la table et de sortir de la maison.

Morgane Zeff était silencieux, son regard rivé sur la lettre d'avertissement posée devant lui. Se pinçant les lèvres, il se torturait l'esprit afin de savoir comment il allait résoudre cette situation. Une situation mainte fois vécu ces derniers mois. Peut être en était-il le fautif... Peut être qu'il n'avait pas donné assez d'attention à son fils... Peut importe. L'urgence était là.

Un bruit de porte qui s'ouvre se manifesta à l'entrée de la maison. Un enfant, à peine plus haut d'un mètre trente, se tenait sur le pas de la porte d'entrée. Il avait les cheveux en bataille, noir, et ses yeux trahissait une lueur rebelle semblable à celle que rencontrait la plupart des adolescent.

La mine renfrogné, l'enfant s'approcha d'un pas lent vers son père.

".... J'ai vu l'prof sortir d'la maison. Qu'est-ce qu'il foutait ici?...."

L'homme le fixait sans rien dire. Puis, après quelques instants de silence, répondit, d'une voix grave.

"Tu sais très bien pourquoi il était là, Alphyn."

Ce dernier se raidit au ton employé par son paternel. Il savait qu'il était de mauvaise humeur, cette fois. Toutefois, loin de se faire tout petit, il leva le menton, un air de défi sur le visage, une colère grandissante dans les yeux.

"Ah ouai? Parce que j'me suis pas laissé faire? Tu sais comment ils m'appellent, là bas, père! "Bâtard sans mère." Tu croyais que j'allais les laisser m'insulter sans réagir? Tu te met le doigt dans l'oeil!"

Alphyn termina presque en criant, laissant surgir ses émotions, comme tout enfant le ferait.

Morgane continuait de le fixer calmement. Soudainement, il se leva, et s'approcha d'un pas lent mais studieux, vers son fils.

"Q..Quoi? Qu'est-ce que tu veux?... N'approche pas!"

L'homme continua de s'approcher sans rien dire, jusqu'à arriver devant l'enfant. Et alors qu'il leva les bras, Alphyn ferma les yeux, en prévision de l'impact, qui ne viendra jamais. Son père referma les bras sur lui, dans une étreinte révélant un amour paternel pour son fils. D'une main, il caressa les cheveux de son enfant.

"Qu'est-ce que tu fais...! Lâche moi!"


Le jeune rebelle, mal à l'aise par la tournure des évènements, et pas habitué à tant d'affection de la part de son père, se débattait, essayant de sortir de son étreinte, en vain.

"... Je sais comment cela peut être dure, pour toi. Moi aussi, elle me manque... Je ne condamnerais pas tes actions, Al. Toutefois... Comprend moi... que la société des adultes est bien compliqué... Et notre situation n'est pas idéal. Tu dois apprendre à endurer, Al..."

A ces mots, une pointe de colère survint chez Alphyn. Repoussant finalement l'étreinte de son père, il hurla :

"Endurer? Pourquoi devrais-je endurer tout ça?! Pourquoi suis-je le seul sans mère?! Pourquoi est-on dans cette vieille maison, à l'écart de tout le monde?! Pourquoi devrais-je endurer d'être seul, parce que tu n'es JAMAIS là pour moi?!"

Ce fut sur cet éclat d'émotion, que le jeune Alphyn ouvrit la porte dans un fracas, et s'éloigna de la maison en courant.

Morgane le regarda partir, sans un mot.
"Je l'ai aidé parce qu'il avait besoin de moi."

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Alphyn Zeff
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Re: Alphyn Zeff - De fil en aiguille.

Message par Alphyn Zeff » mer. janv. 30, 2019 4:50 pm

"Haaaah... Haaaah.. Haaaah.. J'ai si froid, père..."

Un homme se tenait au chevet de son fils. La nuit couvrait déjà les environs, tandis que le crépitement du feu de cheminait résonnait faiblement dans la chambre. Quelques toussotements se faisaient entendre, de plus en plus fréquent. A la faible lueur des flamme, un visage pâle. Un visage d'enfant. Alphyn.

Son père se tenait sur une chaise à ses côté, les mains croisés, dans une prière silencieuse, le visage fermé, et désespéré.

Il répondit d'une voix grave: "Je sais, Alph. Je sais. Reste fort. Cela passera... Je trouverais un moyen de te soigner..."

C'est sur ces paroles que l'enfant s'endormit malgré lui, malgré le mal qui commençait à le ronger, en ce terrible hiver.

-Quelques jours plus tard.-

Alphyn était désormais livide, et si on ignorait ses faibles mouvements occasionnels due à sa respiration laborieuse, on l'aurait certainement prit pour un cadavre.

Morgane était encore une fois au chevet de son lit, une photo à la main. Il avait fermé les yeux, et tremblait. Il tremblait d'injustice et de grief à ce qu'il leur arrivait. Il avait déjà perdu sa femme, lors de l'accouchement, et il allait bientôt perdre son fils, parce qu'il n'avait pas le pouvoir de le sauver.

"....Père." Une faible voix se fit entendre dans le silence.

Comme s'il s'agissait d'un signal, son père réouvra les yeux et se précipita pour lui prendre la main, le regardant de ses yeux humides.

"Je suis là, Alph. Je suis là. Tu as soif?.... Attends, je vais aller te chercher de l'eau..."

Utilisant ce qui lui semblait être ses dernières force, l'enfant serra fermement la poigne de son père.

"...Père. Je n'ai... plus beaucoup.. de temps... Je.. le sais...."

Chaque mot lui été laborieux, comme si la vie lui échappait à chaque souffle.
Il fixa l'homme de ses yeux vert, et sourit très faiblement.

"Je suis.. désolé, père. Pour tout...."

Fermant les yeux, ses forces le quittèrent, faisant tomber mollement son bras. Silence.

Écarquillant les yeux, Morgane resta stupéfait quelques instants au derniers mot de son fils.

"Alph?... ALPH?! Non! Restes avec moi..! Encore un petit effort! Ne pars pas! Réveils toi!!"


La panique, et la réalisa gagné rapidement l'homme, qui commença à hurler et à sangloter, tout en remuant le corps quasiement sans vie du jeune Zeff.

"Non... Non, non, non! NON!!!!"

Dans un hurlement de désespoir, le père hurla. Il hurla, pleura, de toute les fibres de son corps, à ce destin tragique.

TOCTOCTOC.

"Monsieur Zeff? Excusez moi de vous déranger..."


"PARTEZ! JE NE VEUX VOIR PERSONNE!" Cria-t-il dans un sanglot.

"Ecoutez moi je vous prie... Je suis un apothicaire, et j'ai quelque chose qui pourrait aider votre enf-...." continua l'inconnu.

Soudainement, alors qu'il n'avait même pas terminé sa phrase, la porte s'ouvra avec un fracas. Se tenait à son seuil un homme, les yeux écarquillés, et le visage en messe, mais qui affichait une tinte d'espoir.

"M..Mon fils! S'il vous plais... Sauvez le...!"

Morgane Zeff se mit alors pour la première fois de sa vie à genoux, pour sauver la vie de quelqu'un qui lui était chère.

L'apothicaire étira doucement un sourire amical.

"Bien sur, monsieur Zeff."

[....]

Rangeant ses affaires dans son sac, l'apothicaire se préparait à partir. Derrière lui, le jeune zeff avait reprit quelques couleurs, et semblait être en bonne voie de guérison.

Morgane s'approcha alors de lui, une bourse à la main, avant de se faire arrêter par une levée de main de la part de ce dernier.

"Vous pouvez garder votre argent, monsieur Zeff. Je ne l'ai pas fait pour une raison monétaire."


"Quoi?... Mais.. C'est inacceptable! Vous avez sauver la vie de mon fils, il faut bien que je vous donne quelque chose! Comment...-"


Levant une fois de plus la main pour calmer son interlocuteur, l'apothicaire souria doucement, en prenant ses affaire et franchissant le pas de la porte.

"Je l'ai fait... Parce qu'il avait besoin de moi, monsieur Zeff. C'est tout. J'ose espérait que chaque action que nous faisons, nous reviendra un jour, connectant chaque individu entre eux. Bonne journée, monsieur Zeff."

Morgane le regarda partir, abasourdi. Derrière lui, Alphyn ouvrit lentement les yeux, encore faibles, avant de les refermer à nouveau....
"Je l'ai aidé parce qu'il avait besoin de moi."

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